Féminin | Les Citoyens

GOUVERNANCE AU FÉMININ : MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

 

 

Afin de contribuer à renforcer la place des femmes au sein des organes de gouvernance des entreprises, plusieurs organisations de la société civile ont uni leurs efforts au sein d’un consortium qui compte le Boston Consulting Group, l’Institut Marocain des Administrateurs et l’Association Les Citoyens.

 

Le consortium travaille sur la construction d’une Data Base qualifiée présentant un vivier de compétences féminines aptes à assumer le poste d’administrateur. Cette démarche permettra aux entreprises publiques et privées de féminiser leurs conseils d’administration en faisant appel aux nombreuses compétences et expertises présentées dans le listing.

 

Afin de donner le coup d’envoi à cette opération d’envergure, le BCG, l’IMA et l’association Les Citoyens organisent un événement fédérateur invitant l’ensemble des acteurs concernés à s’unir et mobiliser leurs efforts autour de la question, le jeudi 22 mars à 18h30 au Sofitel Tour Blanche de Casablanca.

 

La mixité au sein des organes de gouvernance des entreprises est un enjeu de compétitivité et de performance économique, et donc une source de croissance.

 

En particulier, elle permet de mobiliser tous les talents et toutes les expériences disponibles, afin de créer une dynamique nouvelle. Concrètement, la gestion de la différence des points de vue qu’impose la mixité permet de limiter le conformisme dans les décisions, de renforcer l’intelligence collective du groupe, d’enrichir le dialogue et faciliter le processus décisionnel. Les études sont d’ailleurs unanimes :

 

La présence de femmes dans les conseils d’administration des entreprises cotées en Bourse augmente la rentabilité de ces dernières. Par ailleurs, la féminisation des CA est un levier important de changement des représentations sur les femmes. Il est indéniable que les femmes qui peuvent parfaitement exercer un mandat d’administratrice sont déjà très nombreuses. L’enjeu est donc d’identifier et d’accompagner ces femmes afin d’accélérer le mouvement en cours vers plus de mixité.

 

Au Maroc, des avancées considérables ont été réalisées en matière de droits des femmes et de lutte contre les discriminations faites aux femmes, dans la lignée des dispositions garanties par la constitution de 2011. En outre, le gouvernement marocain a engagé un processus important en matière de bonne gouvernance dans les entreprises publiques et privées, notamment par la publication du Code des bonnes pratiques de gouvernance, par la promotion de l’approche genre au sein des instances de régulation, et par le renforcement de la présence féminine en politique.

 

Néanmoins, le statut de la femme marocaine reste vulnérable, sachant que le renforcement de ses droits et de sa place au sein de la société passe nécessairement par son autonomisation financière : égalité salariale, lutte contre les discriminations à l’embauche et le harcèlement sexuel en entreprise, inclusion socio-économique des auto-entrepreneuses et accès aux financements.

 

Or, le taux d’activité des femmes est de 23% (un des plus faibles au monde), seulement 4% des chefs d’entreprises sont des femmes et elles représentent uniquement 7% des membres des organes dirigeants des grandes entreprises publiques et privées.

 

Convaincu que le changement en la matière passe par la mobilisation de tous les acteurs, à chaque niveau des entreprises et de la société civile, le consortium BCG, IMA et Les Citoyens entend jouer un rôle catalyseur. Car la représentation des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises est l’affaire de tous.