« Pour la première fois, j’ai senti que ma voix comptait » : quand un cercle de chaises change un regard.
« Pour la première fois, j’ai senti que ma voix comptait » : quand un cercle de chaises change un regard.

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« Pour la première fois, j’ai senti que ma voix comptait » : quand un cercle de chaises change un regard.

« Pour la première fois, j’ai senti que ma voix comptait » : quand un cercle de chaises change un regard.


À Khénifra, des jeunes femmes ont trouvé un espace pour exprimer des préoccupations rarement entendues et les transformer en recommandations collectives. Cette progression, de l’expérience vécue à une parole structurée, illustre ce que les Cafés Citoyens peuvent produire lorsqu’ils sont conçus comme de véritables espaces de participation.


Pendant longtemps, beaucoup de jeunes femmes marocaines considéraient que le débat public appartenait à d’autres. Le frein n’est pas l’absence d’opinion, mais un sentiment de faible légitimité : la conviction que leur expérience quotidienne n’a pas sa place dans une discussion sur les politiques publiques. Ce retrait n’est pas un désintérêt. C’est le produit de trop peu d’occasions concrètes de s’exprimer dans un cadre qui écoute réellement et donne une suite à ce qui est dit.


La conviction de Les Citoyens : la participation commence par la reconnaissance de la parole


Les Citoyens part d’un principe simple : on ne décrète pas la participation, on l’organise. Avant de demander à une personne de proposer des solutions, il faut lui garantir que sa parole sera entendue, structurée et menée à une décision. C’est pourquoi chaque Café Citoyen repose sur une méthode : rendre l’espace accessible, réunir des profils différents, partir des expériences vécues plutôt que des grands principes, puis documenter et restituer ce qui a été dit.


L’intervention : des Cafés Citoyens dédiés aux droits des filles

En 2024, Les Citoyens a consacré une série de Cafés Citoyens aux droits des filles. Ces rencontres ont réuni 318 participantes et participants dans 14 localités et 10 régions, les femmes représentant 68 % de l’assistance. Le format n’a pas été celui d’une réunion d’information descendante, mais celui d’un travail collectif : on écoute des situations concrètes, on identifie les obstacles récurrents, on formule des propositions et on les consolide.

Ces contributions territoriales ont été agrégées puis portées lors d’un Grand Café Citoyen national, en présence de quatre ministères — Éducation, Solidarité, Jeunesse et Santé. Des propositions précises, telles que le renforcement des internats pour les filles rurales ou la lutte contre les mariages précoces, ont été discutées directement avec les responsables présents.

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Les résultats : de l’expérience individuelle à 45 recommandations


Ce que vivent les participantes se résume en trois temps. Avant : une parole isolée, gardée pour soi. Pendant : l’écoute d’autres expériences, la confrontation respectueuse des points de vue, la découverte que des difficultés que l’on croyait personnelles sont en réalité partagées. Après : une parole légitimée, intégrée à un ensemble de recommandations qui dépasse le cas individuel. Le changement décisif n’est pas seulement d’avoir parlé, mais d’avoir constaté que cette parole servait à quelque chose.

Le processus a produit 45 recommandations consolidées issues des 14 localités concernées, puis portées devant quatre ministères. Au-delà des chiffres, l’effet le plus tangible se mesure à la confiance : des centaines de jeunes filles se savent désormais légitimes à interpeller directement les institutions sur des sujets qui les concernent. Des enjeux longtemps invisibilisés sont entrés dans l’espace public national.

« En accompagnant ma fille à un Café Citoyen, j’ai découvert sa capacité à prendre la parole devant des adultes. Cette expérience a profondément changé mon regard sur l’avenir. »

— Aïcha, mère de famille — Tanger